Blâmont : une chaufferie bois pour alimenter les bâtiments municipaux Abonnés
L’adjoint à la voirie et aux travaux et un conseiller municipal, ingénieur de formation, ont surveillé les travaux, avec l’aide du bureau d’études. La chaufferie bois a été installée sous l’école communale, à la place de l’ancienne chaudière (cf. encadré). En outre, deux chaudières à gaz ont été installées dans un local près de l’école. L’une permet de compléter la fourniture de chaleur lorsque la chaufferie bois ne suffit pas, en période de grand froid, pendant l’entretien, ou s’il y a un problème de livraison des copeaux de bois. La seconde sert de secours pour le cas où la première tomberait en panne. Le réseau dessert divers bâtiments : hôtel de ville, salle des fêtes, maison communale, écoles, perception, salle municipale, ateliers municipaux, maison des associations. Leurs anciennes installations de chauffage (tuyaux, radiateurs…) ont pu être conservées. Quelques logements, dans certains de ces immeubles, bénéficient du chauffage au bois moyennant une redevance, payée à la mairie, au prorata de leur surface. Un autre branchement alimente la caserne des pompiers. Le réseau est relié à internet. Les agents peuvent ainsi le contrôler et intervenir à distance pour régler la température ou effectuer un dépannage, la nuit ou le week-end.
Quatre à six fois par mois, un camion livre 38 m3 de plaquettes de bois. Plus la chaudière est petite, plus il convient d’utiliser des plaquettes de bois de bonne qualité. Les moins chères contiennent de petites branches d’une vingtaine de centimètres de long qui bloquent régulièrement le système. Dès la première année de fonctionnement, la commune a divisé sa facture énergétique par deux ; environ 25 000 euros (dont 14 000 euros pour les plaquettes de bois, 4 200 euros pour le gaz, le reste pour la maintenance), alors qu’elle dépensait près de 50 000 euros par an. La nouvelle installation a coûté 747 747 euros hors taxes, sur lesquels la commune a reçu près de 70% de subventions : Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (24%), fonds européens « Feder » (20%), conseil régional de Lorraine (18,5%), le reste réparti entre le conseil général, le ministère de l’Écologie et la réserve parlementaire d’un sénateur. La commune a effectué un emprunt sur douze ans, pour lequel elle rembourse 22 000 euros par an, qui correspondent aux économies de chauffage. Le retour sur investissement est attendu dans douze ans. Située dans une région forestière, Blâmont est sensibilisée à l’environnement ; avec sa nouvelle chaudière, la commune évite 196,3 tonnes de CO2 par an. Les touristes peuvent visiter cette installation, qui fait partie de l’itinéraire « Route des énergies renouvelables », proposé par la communauté de communes de la Vezouze. Blâmont envisage maintenant d’étendre le réseau de chaleur au cinéma et au centre médico-social ; une nouvelle étude déterminera si la chaudière actuelle est suffisante.
• Contacts :
Monique Roch, maire de Blâmont (54077), et Norbert Ris, adjoint à la voirie et aux travaux, tél.03 83 76 28 28.
Le fonctionnement du réseau de chaleur
La chaufferie bois de 400 kilowatts (kW) et les deux chaudières à gaz de 300 kW sont reliées à un ballon d’eau chaude de 3 000 litres qui alimente le réseau de chaleur souterrain en polyéthylène (650 mètres aller-retour). Des pompes à chaleur récupèrent l’eau du ballon et l’injectent dans les tuyaux. Dans chaque immeuble desservi par le système de chauffage, une sous-station permet de régler la température, grâce à des vannes mélangeuses qui peuvent refroidir l’eau du réseau. Les copeaux de bois sont stockés dans un silo de 80 m3. Attention à l’étanchéité du silo : il convient de le fermer par un couvercle, pour éviter les chats qui grimpent dans le silo et ne peuvent plus ressortir. L’entretien de l’installation est très facile. Tous les quinze jours, lorsqu’il fait très froid, il faut arrêter la chaufferie, pendant environ huit heures, pour la nettoyer ; une fois le système refroidi, les ouvriers municipaux retirent les cendres produites par la combustion (dix litres environ) et les stockent près d’un étang municipal ; la commune envisage de les mettre à disposition des habitants pour traiter leurs jardins.
Martine Courgnaud - Del Ry le 07 juillet 2011 - n°368 de La Lettre du Maire Rural
- Conserver mes publications au format pdf help_outline
- Recevoir par mail deux articles avant le bouclage de la publication.help_outline
- Créer mes archives et gérer mon fonds documentairehelp_outline
- Bénéficier du service de renseignements juridiqueshelp_outline
- Bénéficier du service InegralTexthelp_outline
- Gérer mon compte abonnéhelp_outline