Ouvrir une agence postale communale Abonnés
Notre conseil : pour avoir le temps de bien préparer un projet d’agence postale communale, la fermeture d’un bureau de Poste doit s’anticiper. Un signe avant-coureur doit alerter les élus : une redéfinition des horaires à l’initiative de La Poste, qui se traduit par une réduction des périodes d’ouverture. Attention également à la pratique consistant à ne plus remplacer les personnels absents.
Intégrer l’offre postale dans un bouquet de services
Plutôt que de recréer à l’identique les services proposés auparavant par le bureau de poste, les collectivités peuvent agréger d’autres services au sein d’une APC, ce qui mutualise les locaux et les personnels. Il y a six ans, Verchaix (776 habitants, Haute-Savoie) a anticipé la fermeture de son bureau de poste et a pris l’initiative de créer une agence postale. Comme elle disposait d’un office du tourisme doté d’un agent, elle lui a fait bénéficier de la formation nécessaire pour qu’il ait la double compétence. En outre, grâce à l’aide mensuelle de La Poste, elle a recruté un deuxième agent qui a suivi une double formation : gestion de l’agence postale et tourisme. Ainsi, la commune a maintenu une présence postale sur son territoire tout en doublant les moyens de son office de tourisme. Dans la même logique, la commune y a adjoint une maison de services au public (MSAP), devenue Maison France Services (MFS) à l’automne 2020.
Profiter de la dynamique des MFS
Dans tous les départements, les préfets encouragent les collectivités à ouvrir des Maisons France Services pour recréer des points de contacts entre les usagers et les grandes administrations (impôts, caisse d’allocation familiale, etc). Une MFS nécessite deux agents mais l’aide qu’apporte l’État est substantielle : 30 000 € par an. D’autant que rien n’interdit à la collectivité de proposer d’autres prestations sur le même site dans une logique de mutualisation des moyens. A l’instar d’Arthez-de-Béarn (1 891 habitants, Pyrénées-Atlantiques), confrontée au mécontentement de sa population face au fonctionnement de plus en plus erratique de son bureau de poste. La commune a sollicité simultanément La Poste et la préfecture pour ouvrir une agence postale communale et une MFS. Les deux demandes ont été acceptées et soutenues financièrement. La Poste a inscrit dans la convention 1 178 € de compensation mensuelle, une aide forfaitaire de 3 000 € pour l’installation ainsi que la prise en charge des petits consommables et des frais de téléphonie. Quant à l’État, il a accordé un financement de 30 000 € par an pour la MFS. Particularité du projet d’Arthez-de-Béarn : l’APC et la MFS n’ont pas réinvesti les locaux de l’ancien bureau de poste, jugés vétustes, mais ont utilisé une salle disponible au sein de la mairie, qui venait d’être réaménagée dans le cadre d’un autre chantier prévoyant des espaces évolutifs. Ce regroupement sur le même site que les services municipaux a permis de démultiplier les capacités d’accueil du public. La commune a recruté un agent de catégorie B en charge de l’APC et de la MFS mais elle a également dispensé la formation au fonctionnement de l’APC et de la MFS à l’agent d’accueil ainsi qu’à un autre agent du service urbanisme. En cas de forte affluence, ou d’absence temporaire de l’agent en charge de l’APC/MFS, l’un ou l’autre de ces agents municipaux peuvent venir en renfort. Cette organisation améliore la qualité de service sans avoir recours à des recrutements supplémentaires, le volume d’ETP actuel correspondant à la fréquentation de 40 à 50 visiteurs par jour.
Jean-Philippe ARROUET le 10 juin 2021 - n°477 de La Lettre du Maire Rural
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