Optimiser la gestion du cimetière Abonnés
Conseil : une tarification plus favorable peut également inciter les usagers à choisir le columbarium ou une cavurne (urne placée dans un réceptacle dans le sol) plutôt qu'un caveau ou une sépulture en pleine terre. A noter que leurs durées de concession sont également plus courtes (5 à 30 ans).
Connaître l'état de son cimetière
L'optimisation du cimetière nécessite une bonne connaissance des concessions existantes. En effet, le régime des concessions perpétuelles qui prévalait a laissé de nombreuses sépultures à l'abandon que les communes ignorent. D'où l'importance de se doter d'un logiciel capable de recenser toutes les concessions et d'en indiquer le statut. A Villacerf (564 habitants, Aube), la commune a investi 956 euros (plus 144 euros de maintenance annuelle) pour un outil informatique qui lui donne accès aux informations concernant chacune de ses concessions : nom du défunt, du concessionnaire, durée (qui d'affiche selon un code couleur variant selon l'imminence de l'échéance de la concession), photographie, cartographie... La commune a pu identifier les concessions en état d'abandon et récupérer ces surfaces pour créer un columbarium (qui accueille quatre personnes décédées au lieu d'une précédemment), des cavurnes et un jardin du souvenir. Conseil : les prix des logiciels peuvent varier de 1 000 à 10 000 euros selon les tâches préalables confiées au prestataire. La commune fera des économies en saisissant elle-même toutes les informations dans l'outil à condition d'y consacrer du temps. A Villacerf, pour 253 concessions, cette tâche a occupé un agent pendant une semaine.
Adopter une gestion dynamique des concessions
La commune pouvant fixer librement les durées de concession, il convient de délaisser la perpétuité au profit de durées plus courtes : 15, 30 voire 50 ans. A l'échéance du contrat, si aucun renouvellement n'est enregistré, la commune peut engager une procédure de reprise de concession en état d'abandon. Cependant, cette procédure dure trois ans avant d'obtenir la certitude que la concession est effectivement abandonnée. Dans le Var, Sainte-Maxime (14 103 habitants) a effectué, pour la première fois il y a cinq ans, un important travail de reprise de ses concessions en état d'abandon dans ses deux cimetières. Cet effort lui a permis de récupérer une cinquantaine d'emplacements disponibles. Pour ne plus avoir à renouveler une opération d'une telle ampleur, la commune procède désormais à des campagnes annuelles de reprises de concessions. Ces procédures lui permettent de libérer 10 à 15 concessions par an. Ainsi, la commune a pu répondre aux demandes des usagers tout en différant de dix ans des travaux d'extension. Conseil : pour conserver des places disponibles, la commune peut refuser de vendre des concessions par anticipation.
Favoriser le recyclage et l'entretien
La reprise de concessions implique la destruction des sépultures (pour préserver l'anonymat des défunts), puis le traitement des matériaux résiduels. Pour éviter ces opérations, Niort (59 703 habitants, Deux-Sèvres) pratique la vente de monuments d'occasion. Elle identifie les sépultures en bon état et les propose à la vente, en permettant aux personnes intéressées de venir choisir sur place. Les tarifs sont compétitifs : 652 euros pour un monument en granit standard contre le double environ sur le marché neuf local.
Enfin, la commune peut optimiser l'entretien courant du cimetière en fixant des règles dans son règlement intérieur : délais nécessaires pour prévenir les services municipaux avant une intervention sur une sépulture, dimension des jardinières pour faciliter la circulation autour des tombes et l'exécution des opérations d'entretien, taille des végétaux, etc...
Conseil : pour se développer de manière rentable, la vente de monuments implique de disposer d'un espace de stockage suffisant pour conserver tous ceux répondant aux critères de qualités voulus.
Jean-Philippe ARROUET le 10 février 2016 - n°418 de La Lettre du Maire Rural
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