La commune doit assurer l’entretien des chemins ruraux, mais pas celui des chemins et sentiers d’exploitation Abonnés
Les chemins ruraux appartiennent au domaine privé de la commune et ils sont affectés à l'usage du public. Contrairement aux voies communales, l’entretien des chemins ruraux ne fait pas partie des dépenses obligatoires d’une commune (art. L. 2321-2, CGCT). Attention : la responsabilité de la commune peut être mise en cause lorsqu’elle ne procède pas à un entretien normal de ces chemins dès lors qu’elle a effectué des travaux destinés à assurer ou à améliorer la viabilité de ce chemin et a ainsi accepté d'en assurer l'entretien (CE, 20/11/1964, n° 573). Les usagers sont tenus de faire une utilisation normale des chemins ruraux ; dans le cas contraire, la commune peut réclamer une participation aux frais de réfection (art. L. 161-8, code rural ; art. L. 141-9, code de la voirie routière). Ainsi, « une entreprise de débardage, de grumes de bois ou un exploitant agricole qui aurait endommagé un chemin rural, serait tenu de prendre à sa charge la réparation des dégâts qu'il a occasionnés. »
Les chemins et sentiers d'exploitation sont des voies privées rurales dont l'usage est commun à tous les riverains. Ils appartiennent à des particuliers et servent à la communication entre divers héritages ou à leur exploitation (Cass. Civ. 3e, 21/12/1988, Delon c/Consorts Boulet, et Cass. Ass. Plén., 14/03/1986). Par conséquent, leur entretien incombe aux propriétaires intéressés, sauf renonciation à leur droit d'usage ou de propriété. Lorsque des chemins ou sentiers d'exploitation ne sont pas ouverts au public, les propriétaires doivent donc, par exemple, poser et entretenir eux-mêmes les panneaux de signalisation (Conseil d'État, 21/10/1983, Consorts Tomasini). Les chemins ou sentiers d'exploitation peuvent parfois être ouverts à la circulation publique, avec l'accord des propriétaires intéressés. Dans ce cas, le code de la route s'y applique, le maire y exerce les pouvoirs de police qu'il exerce sur l'ensemble des voies ouvertes à la circulation publique de sa commune ; c'est à la commune que revient la responsabilité de poser les panneaux de signalisation.
Réponse à la QE n° 92688 de Mme Marie-Jo Zimmermann, JO AN le 11/01/2011 et à la QE n° 11537 de M. Jean Louis Masson JO Sénat le 27/08/2015
Ludovic Vigreux le 10 février 2016 - n°418 de La Lettre du Maire Rural
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